Somewhere along in the bitterness

Ce poème est assez spécial. J’ai longtemps hésité avant de le publier, je n’étais pas sûr de savoir si je pouvais le faire ou pas…
Niveau inspiration, ça reste basique : Arthur Rimbaud avec « Les étrennes des Orphelins » en lisant aussi « Le dormeur du Val ».
Le thème, en revanche, un peu plus compliqué. Dans le même genre que la chanson « Luna » de Najoua Belyzel. 
Également dans un style similaire à un de mes anciens poèmes : « Tic Tac Tic Tac ».
Et enfin, le titre : « Somewhere along in the bitterness » est une phrase de la chanson : « How to save a life », que j’écoutais en boucle entre deux rimes de ce poème.
(Tous les liens sont dans les noms, cliquez dessus pour tout voir.) 
La raison pour laquelle j’ai longuement hésité à le publier, c’est justement à cause du thème et de l’histoire abordée. C’est quelque chose d’assez personnelle, plutôt triste et sombre.
(Pour ceux/celles qui comprendront entre les lignes.)
J’ai mis deux jours pour l’écrire…
Bonne lecture !

Comme le temps passe à une vitesse vertigineuse,
Ô, maudit temps, qui m’interdit ce désir obsédant,
Car il n’est pas question, sans aucune vie amoureuse,
De m’octroyer un jour ce que je souhaitais ardemment.

La chambre est déserte et elle le restera pour toujours,
La pièce est glacée, nul besoin de porte ou de serrure,
Rien ne résonne : ni pleure, ni rire, ni cri et ni amour,
Jamais de dessins ou de photos ne seront sur les murs.

Alors le temps passe, mais l’envie jamais ne cesse,
L’horloge de la vie continue de sonner chaque heure,
Me torturant par la solitude, les ans et la tristesse,
Ayez égard à ma supplique de faire taire cette douleur.

Dans les maelstroms brumeux des cauchemars,
Je ne suis point si seule, et ainsi nous pouvons,
Le temps d’une nuit ou le temps d’un espoir,
Poser deux mains amoureuses sur un ventre rond.

Doux gestes arrachés brutalement par le réveil,
L’Ange des berceaux vient essuyer mes yeux,
Quand le jour lentement enfin s’ensoleille,
Je peux survivre encore une journée ou deux.

Nul besoin de changer d’inclination ou de pays,
Car là où mon cœur s’envole, mon corps reste seul,
Pensant toujours aux Home, aux corps ensevelis,
Dont la verdure humide restera leur unique linceul.

Je continuerai d’y penser, en hurlant les prénoms,
Allongée dans la nuit noire, sur un lit de roses,
Imaginant des jumeaux, des filles ou des garçons,
Sur mon nombril, mes doigts s’enlacent et se posent.

Maintenant, mes envies sommeillent tristement,
Mon âme rejoint le père, là-bas au repaire secret,
Vous diriez à me voir, que je pleure en dormant,
C’est le cas peut-être, c’est bien trop tard désormais.

« Oh, mais tu es si jeune, pourquoi penses-tu cela ? »
Je le sais, comme aussi vrai que notre ciel est bleu,
Dix ans plus tard, rien n’a changé et rien ne changera,
Pareil à un étrange et long deuil, je lui ai dit adieu.

Silencieusement, coule et tombe une larme amère,
Dieu est bien mort, et les Anges n’existent pas,
Nul futur où il serait question un jour d’être mère
Sans retour, fermer les yeux une dernière fois.

Paisiblement, une des voix ose me murmurer,
D’écrire ces mots, me donnant l’inspiration,
Telle une musique, qui semble me rappeler,
Ses tristes ballades, ses tragiques chansons.

Les cheveux blancs et mon cœur qui ralentit,
Dans quelques songes où je les rejoins encore,
L’ultime moment et souriant enfin sur ce lit,
Les yeux clos, attendant patiemment la Mort.

Au nouveau Royaume, mains dans la main,
Leurs visages rayonnants, tous les deux sont là,
Leurs grands yeux clairs et leurs cheveux bruns,
Et pour l’éternité, nous resteront tous les trois.

Comme le temps passe à une vitesse vertigineuse,
Ô, maudit temps, qui m’interdit ce désir obsédant,
Sans rien laisser derrière cette existence vicieuse,
Votre cœur l’a compris, il n’y aura jamais d’enfant.

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